Commission K : Electromagnétisme en biologie et en médecine

Président

Lluis MIR

luis.mir(@)gustaveroussy.fr

CNRS UMR 8203
U. Paris-Saclay
Gustave Roussy PR2
114 rue Edouard Vaillant
94805 VILLEJUIF

Tél. 01 42 11 47 92

Vice-président

Jean-Benoît AGNANI  

agnani(@)anfr.fr

AGENCE NATIONALE
DES FREQUENCES
78 avenue du général de Gaulle
F-94704 MAISONS-ALFORT CEDEX

Tél. 01 45 18 73 18
Fax 01 45 18 73 13

Vice-présidente

Emmanuelle CONIL

emmanuelle.conil(@)anfr.fr

ANFR
78 avenue du Général de Gaulle
F-94704 MAISONS-ALFORT CEDEX

Tél. 01 45 18 72 67

 

 

Les radiofréquences classées 2B par le Centre international pour la recherche sur le cancer : «peut-être cancérogènes pour l’homme».

Le Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC), sous la tutelle de l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), a annoncé dans un communiqué de presse[i] que les champs électromagnétiques radiofréquences seraient dorénavant classés dans la catégorie « cancérogène possible pour l’homme » (groupe 2B)[ii].

Ce classement s’appuie sur une analyse de la littérature scientifique[iii], en particulier sur la publication, en 2010, des résultats de l’étude Interphone portant sur les tumeurs cérébrales de type gliomes et méningiomes et leur lien éventuel avec l’usage du téléphone portable.

Cette étude épidémiologique cas-témoin rassemblait les données de 13 pays européens. Globalement, un effet protecteur avait été trouvé pour le méningiome que les auteurs ont attribué à des biais tandis qu’aucun effet significatif n’était apparu pour le gliome. Les auteurs n’ont pas conclu à un risque, sans pour autant être en mesure de l’exclure totalement. Cela en raison d’un accroissement du risque de développer un gliome trouvé pour le sous-groupe de malades ayant rapporté les temps de communication les plus longs et d’une éventuelle localisation préférentielle des tumeurs du côté d’utilisation du mobile. Les auteurs avaient toutefois souligné que certains malades avaient rapporté des temps d’utilisation du portable peu vraisemblables (5 à 12h par jour). Une autre des études épidémiologiques analysées fait état d’une augmentation similaire pour le risque de gliome. Il n’est pas exclu que ces effets soient dus à des biais ou obtenus par hasard. Par ailleurs, il n’y a pas d’arguments probants montrant l’existence d’un mécanisme plausible pouvant expliquer ces effets. L’effet n’étant pas démontré mais ces résultats ne pouvant être ignorés, le groupe d’experts du CIRC a conclu à une preuve limitée (limited evidence) justifiant la classification en 2B.

Outre un encouragement à la poursuite des recherches et à la vigilance, le CIRC a indiqué des mesures de précaution pouvant être mises en œuvre pour réduire son exposition lors des communications téléphoniques[iv]. Pour les autres types de cancers et pour les risques liés aux radiofréquences émises en milieu professionnel et dans l’environnement, par les antennes de télédiffusion, radio et téléphonie ainsi que d’autres systèmes de communication sans fil (Wifi, Bluetooth…), le niveau de preuve a été jugé insuffisant pour conclure.

Cette classification ne modifie pas l’état des connaissances, ni les conclusions des précédents rapports publiés sur le sujet.

Depuis l’annonce de cette classification, le comité en charge des questions épidémiologiques de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non-ionisants (ICNIRP) a publié une revue - relayée par l’Institut de recherche sur le cancer britannique[v] - qui fait le point sur la question des téléphones mobiles et des tumeurs cérébrales. Elle inclue une analyse approfondie de l’étude Interphone. Les auteurs concluent que cette étude, bien qu’impressionnante par son ampleur, présente des lacunes méthodologiques inévitables qui limitent l’interprétation des données. Ils rappellent que les études expérimentales ainsi que d’autres études épidémiologiques ne plaident pas en faveur d’effets nocifs. D’autre part, bien que la population soit maintenant exposée massivement depuis plus de 10 ans, aucune augmentation de l’incidence des tumeurs cérébrales n’a été observée. Néanmoins les études scientifiques ne peuvent apporter la preuve d’une absence totale de risque. Il n’y a pas de recul actuellement sur des expositions au-delà de 15 ans, ni de données spécifiques aux tumeurs chez l’enfant ce qui laisse une part d’incertitude.

Bien que prenant des formes très diverses, les informations sont au final concordantes et rassurantes.

 

Anne Perrin

Juillet 2011


[i] Communiqué du 31 mai 2011 : http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2011/pdfs/pr208_F.pdf
[ii]
Groupe 1 « cancérogène pour l’homme » pour lesquels les preuves sont suffisantes, le risque est avéré (amiante, tabac, etc.) ; groupe 2A « cancérogène probable pour l’homme », groupe 2B « cancérigène possible pour l’homme » ; groupe 3 « non classifiable comme cancérogène pour l’homme » et groupe 4 « probablement pas cancérogène pour l’homme ».
Actuellement, 267 composés ou agents sont répertoriés dans le groupe 2B, dont le plomb, le chloroforme, les légumes au vinaigre, le dioxyde de titane ou le café par exemple.
[iii]
Monographie vol.102 à paraître fin 2011, synthèse disponible en ligne sur The lancet oncology, Carcinogenicity of radiofrequency electromagnetic fields, june 22, 2011, DOI:10.1016/S1470-2045(11)70147-4.
[iv]
Telles que déjà préconisées par les autorités sanitaires françaises : www.radiofrequences.gouv.fr
[v]
Communiqué de presse de l’ICR, http://www.icr.ac.uk/press/press_archive/press_releases_2011/21212.shtml

Vient de paraître

Champs électromagnétiques, environnement et santé
  Sous la direction d'Anne Perrin et Martine Souques

 Nombre d’idées fausses circulent sur les effets des rayonnements non   ionisants sur notre santé. Elles conduisent à une simplification excessive, à des   amalgames fâcheux ou à une analyse parfois orientée des données. Les effets peuvent être alors exagérés ou plus grave, minimisés. Les auteurs de cet ouvrage (médecins, ingénieurs ou chercheurs) se sont attachés à fournir au public une information scientifique validée, facilement compréhensible et raisonnée sur les champs électromagnétiques et leurs effets biologiques et sanitaires.

Après un rappel général sur la physique des ondes et une présentation des rayonnements non ionisants, les auteurs font le point sur les principales sources d’émission rencontrées dans un environnement quotidien. Ils résument simplement, mais le plus fidèlement possible les connaissances actuelles sur leurs effets biologiques et les limites d’exposition recommandées par les organismes internationaux pour pouvoir les utiliser en sécurité.

Conçu comme un livre à tiroirs, chacun pourra s’immerger en fonction de sa curiosité et de son niveau de connaissances. Ce n’est ni un catalogue exhaustif de toutes les études faites à ce jour, ni une réduction de l’état des connaissances à quelques études choisies. L’objectif n’est pas non plus de présenter toutes les sources de rayonnements non ionisants.

S’il le souhaite, le lecteur intéressé pourra approfondir ses connaissances en consultant les sélections bibliographiques présentées par les auteurs à la fin de chaque chapitre.

2010. Env. 250 p. Broché
ISBN 978-2-8178-0132-2   28 €

 

Membres

Les membres correspondants de la commission K sont environ 80. Ils appartiennent à des centres de recherche publics, civils et miltaires, à l’enseignement supérieur ainsi qu’à des entreprises privées (télécoms, EDF/RTE, CEA etc...). De nombreux membres sont médecins ou biologistes.

Les recherches ont  un caractère fortement interdisciplinaire qui suppose la maîtrise de l'aspect électromagnétique (dosimétrie, systèmes d'exposition, interactions physiques...) et une bonne connaissance des phénomènes biologiques. Outre l'aspect fondamental des études, le but est de mettre en évidence et de comprendre les interactions entre champs électromagnétiques et systèmes vivants à des fins normatives ou médicales

Liens

ADONI                                              www.tsi.enst.fr/adonis
AFSSET                                             
www.afsset.fr
ANFR                                                www.anfr.fr
COMOBIO                                        
www.tsi.enst.fr/comobio
COST 281                                         
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EMF NET                                           www.jrc.cec.eu.int/emf-net/
FG                                                    www.fgf.de
Fondation Santé Radiofréquences      www.sante-radiofrequences.org
ICNIRP                                              www.icnirp.org
Hpa                                                  www.hpa.org.uk/
MTHR                                                
www.mthr.org.uk/
WHO                                                www.who.int